Bah ça en fait c un trip post-Hooligan...ou, dit autrement, une nouvelle littéraire...mais bon ça dépends...
Mais ce qui est sûr, d'après moi, c'est que c'est pas une recette de muffins...tk, on se garde une réserve pareil
Livre, par l'Auteur
L'Auteur dormait...ça n'a rien de bien extraordinaire, nous avons tous, un jour ou l'autre, ou même une nuit où nous étions particulièrement fatigué, expérimenté le sommeil...
Sauf que, ce matin-là, il eut une idée, avant même d'être éveillé.
L'Auteur, avant même de savoir qu'il s'agissait de son nom, décida de devenir auteur.
Et puisqu'il était désormais auteur, il se devait d'écrire quelque chose, et pour écrire quelque chose, il lui fallait une idée à coucher sur le papier...
Puisque ceci est un roman, et qu'il ne pourrait débuter si les personnage de l'Auteur, n'avait pas d'idée, et bien il en eut une.
Celle d'écrire une histoire sur un personnage...
L'Auteur ouvrit les yeux. Il se trouvait dans son lit...dans sa chambre, elle-même au c½ur d'une maison qu'il n'est pas important de décrire parce que, au fond, elle pourrait tout aussi bien ressembler à la maison en pain d'épice que le déroulement de l'histoire n'en serait pas affecté.
L'important est que l'Auteur dormait avant le début de l'histoire, et que, maintenant qu'elle était débutée, il ne dormait plus.
Après tout, cela aurait été lassant qu'il continue à dormir même après le commencement de sa propre histoire.
On pouvait donc, en toute connaissance de cause, affirmer qu'il était réveillé...à moins qu'il ne soit en état de demi sommeil...mais ce n'était pas le cas.
Il était bel et bien réveillé.
L'Auteur, sans même prendre le temps de déjeuner, car c'était un personnage et que son auteur venait de décider qu'il n'aurait pas faim, entreprit de trouver du papier et un crayon.
Car l'Auteur, pour mériter son nom, se devait d'en devenir un.
Et pour devenir auteur, il faut écrire.
Il finit par dénicher, dans un endroit qui n'a pas d'importance, un cahier ligné.
L'Auteur, soucieux de ne pas se faire usurper son travail, qui, il le savait, serait sublime, intitula son livre, et le signa.
Ainsi, le crayon, aidé de la main de l'homme (qui aurait tout aussi bien pu être une femme si son auteur en avait décidé autrement), intitula le document :
``Livre, écrit par l'Auteur``
Livre...l'Auteur trouvait que cela sonnait bien...un titre simple, accrocheur, et qui ne laissait aucune doute sur l'identité de l'objet sur lequel il était apposé.
Car il est bien évident que seul un livre peut être intitulé livre.
Enfin...il est vrai que l'on peut nommer un chien ``carotte``, et qu'il jappera quand même...
Enfin, ce livre, intitulé livre, avait beau être un cahier, c'était un livre quand même.
Mais, évidemment, le titre ne conviendrait que lorsque le texte serait recopié dans un livre, parce que, pour l'instant, le titre qui aurait convenu aurait été :
``Cahier, par Quelqu'un-n'étant-pas-encore-un-auteur``
Car le titre était inscrit sur un cahier et que, n'ayant encore rien écrit, l'Auteur était en vérité tout simplement Quelqu'un n'étant pas encore un auteur.
Il devint toutefois un auteur au moment où il écrivit ces lignes, sales, désordonnées, propres et soignées...
Finalement, il écrivit ces lignes n'importe comment, car cela n'avait en réalité aucune importance.
``Personnage se trouvait dans une pièce aussi lumineuse que la lumière elle-même lorsqu'elle est absente, et aussi pleine que le vide absolu``
Se disant que c'était peut-être un peu trop complexe pour un premier essai, il recommença, plus simplement :
`` Personnage se trouvait simplement dans une pièce aussi lumineuse que la lumière elle-même lorsqu'elle est absente, et aussi pleine que le vide absolu``
Il lut et relut la phrase à de nombreuses reprises, et se dit que, pour que cela soit réellement simple, il se devait de ne pas le préciser dans le texte. Il fit donc quelques ratureset écrivit plutôt ces quelques mots :
``Personnage se trouvait dans une pièce sombre et vide``
Satisfait d'être désormais un auteur méritant son nom, et, tout aussi satisfait d'avoir trouvé un nom pour son personnage, il continua, porté par sa lancée créatrice.
``Cette pièce vide, qui ne l'était pas en réalité puisqu'elle contenait Personnage, était décidément très sombre, et elle n'avait pas d'issue``
Personnage, qui venait en fait tout juste d'être créé par l'Auteur, fit part de son opinion à celui-ci.
-Pourquoi n'y a-t-il pas d'issue ? Je ne suis pas claustrophobe, au moins ?
L'Auteur, surpris par la question de Personnage, qui s'adressait directement à son esprit créateur, resta un instant muet.
Allait-il être assez impartial pour rendre son Personnage claustrophobe, en Auteur impartial qu'il était ?
Évidemment ! Si son personnage n'était pas claustrophobe, a quoi servirait-il de le mettre dans une pièce sombre et vide, dont on ne voit pas les cloisons ?
Cela n'aurait eu aucun sens, c'eut été comme mettre en altitude quelqu'un n'ayant pas le vertige !
``Personnage, bien sûr, était claustrophobe depuis de nombreuses années, et sa pire phobie résidait dans l'obscurité. En effet, lorsqu'il se trouvait dans le noir le plus total, il se mettait à hurler, oubliant parfois de respirer``
L'auteur était satisfait de la tournure dramatique que prenait son récit dès les premiers instants...cependant, il eut droit aux commentaires de Personnage.
-AIDEZ-MOI ! AU SECOURS ! À L'AIDE, À L'ASSASSIN !
L'Auteur fut obligé d'entendre ses hurlements durant des heures...car ils le rendaient incapable de se concentrer. Penché sur sa table de travail, il était incapable de coucher sur papier les mots qui auraient pu faire taire Personnage...il eut alors une idée de génie.
``Cependant, après quelques minutes de cris intempestifs, Personnage tomba sans voix. Sa voix se brisa, rompue par l'effort soutenu...et très désagréable, si quelqu'un l'avait entendu.``
Pris d'un accès de pitié pour Personnage, l'Auteur ajouta toutefois ce passage :
``Une fois l'envie de crier passée, comme par magie, son mal de gorge passa et Personnage pu de nouveau formuler des paroles cohérentes. Il se retint toutefois de crier, car il savait qu'agir de la sorte entraînerait de nouveau son mutisme``
-Allez...l'Auteur, pourquoi n'y a-t-il pas d'issue ? Je veux sortir, moi !
``Finalement, une porte s'ouvrit, directement sur la rue, pleine de soleil. Personnage d'échappa par cette ouverture providentiel``
``Il vit alors arriver le Personnage Inconnu``
Sentant la folie créatrice l'envahir, l'Auteur nota, en bas de page :
``Pour plus tard : Le Personnage Inconnu est en réalité le père de Personnage, mais il ne le découvrira qu'à la fin du récit. Le Personnage Inconnu connaît toutes ces informations, bien sûr``
Il reprit ensuite le fil du récit :
Personnage et le Personnage inconnu se retrouvèrent face à face.
-Mais je vous connais, Personnage Inconnu, s'exclama Personnage, vous êtes mon père !
-Non, Personnage ! Tu n'est pas sensé le savoir ! C'est le punch final de l'histoire, juste après la poursuite policière !
-Mais si je sais ! Je ne suis pas si imbécile ! J'ai bien vu la note en bas de page, et puis, de toute façon, l'Auteur ne veut même plus la faire, cette poursuite policière, il s'est dit que ça serait mieux que vous mouriez maintenant. C'est parce que, tout le mystère qui vous entourait, vous et votre nom, vient de s'éclipser comme la neige qui se sauve dans la terre pour ne pas fondre au soleil.
C'est à ce moment que le Personnage Inconnu fut frappé par la foudre. Il mourut et son cadavre brûla. Puisque son testament était dans la poche de sa chemise, avec tous les documents qui auraient pu attester de son identité, rien ne permit de le reconnaître après sa combustion.
De plus, il ne pu même par être identifié par ses empreintes dentaires, car une pie particulièrement étrange vint voler les dentiers de l'homme sur le tas de cendre.
Les mots s'écrivaient au fil des pensées de l'Auteur, entrecoupées par celle des personnages.
Tous mélangeaient leur vision dans ce qui allait devenir...Livre, par l'Auteur, mettant en vedette Personnage.
``Personnage rencontra ensuite Jeune-Fille, qui était en réalité une jeune fille. Il lui dit :
-Bonjour jeune fille, comment vas-tu ?
-Mais qui êtes-vous, je ne vous connais pas, et comment connaissez-vous mon nom ?
-Peu importe, puisque nous allons nous marier et avoir six enfants.
-Et comment le savez-vous, dites-moi ?
-C'est simple, cela sera bientôt écrit.
-Ha non, pas question, pas tant que je ne saurai pas à quoi vous ressemblez, ni qui vous êtes !
-Et que voudriez-vous que je sois ?
-Simple ! jeune, beau, cultivé, et riche !
Et il fallait avouer que Personnage était un beau jeune homme riche ayant beaucoup de culture.
-Vous me plaisez ainsi, affirma vivement Jeune-Fille.
-Mais moi, je ne sais même pas à quoi vous ressemblez !
Anticipant les requêtes de Personnage, l'Auteur décrivit immédiatement Jeune-Fille.
Jeune-Fille, quant à elle, était jolie, douce, aimable, et elle était folle de Personnage.
-Ho oui, Personnage ! Marions-nous ! Je suis folle de vous !
-Mais...
Personnage, quant à lui, désirait aussi se marier, mais pas avant d'avoir fréquenté Jeune-Fille durant au moins...
-Six mois ?
-Cinq...
...durant au moins quatre mois
Ils se fréquentèrent donc durant quatre mois et se marièrent.
Curé maria donc Personnage à Jeune-Fille, qui devint par le fait même Jeune-Femme.
Seulement, l'histoire n'indiqua jamais à quel point jeune fille était jeune. On savait seulement qu'elle était quatre mois plus vieille que lors de sa première rencontre avec personnage.
Un an passa sans que le couple ne réussisse à avoir d'enfants...
-Est-ce que je veux vraiment avoir des en... ?
Et Personnage voulait plus que tout avoir des enfants.
-Quelle misère nous avons, Jeune-Femme, nous ne pouvons avoir d'enfants ! Pourtant, moi, Personnage, je veux plus que tout avoir des enfants !
Il disait cela d'un ton émouvant de marionnettiste.
L'Auteur ne savait trop ce qu'était un ton de marionnettiste, mais il se doutait que les lecteurs, eux, trouveraient bien. Et lorsqu'ils auraient trouvé, ils trouveraient l'Auteur génial d'avoir pensé à cela, car eux même y avaient pensé et que, donc, l'Auteur pensait comme eux.
``Après deux ans, cependant, le couple finit par réussir à engendrer la vie. Ils devaient bien avoir un logement quelque part, puisque le père de Personnage était mort foudroyé dans la rue et que tous deux étaient assez vieux pour avoir deux ans de plus que l'âge légal pour se marier. Seulement, il n'est pas utile de décrire les lieux où ils crèchent``
-Tiens, remarqua Personnage, je me sens comme si je venais tout à coup de vieillir de deux ans...as-tu aussi cette impression ?
Jeune-Femme réfléchit un instant...
-C'est vrai, je n'ai même pas eu connaissance que nous ayons engendré notre enfant Petit-Garçon, ai c'est un petit garçon...ou Petite-Fille, si c'est une petite fille, c'est selon...mais pourquoi ces noms composés ?
-J'aime beaucoup les noms que nous avons choisis pour notre enfant...
-Oui...mais il est vrai aussi que nous avons longtemps hésité...nous aurions tout aussi appeler notre nouveau-né Enfant, qui est un nom unisexe.
L'auteur, fatigué par les longues heures de travail, décida d'aller se coucher.
Puisque c'est un récit et qu'il fallait, pour le bon déroulement de l'histoire, que l'Auteur aille se coucher, il n'avait évidemment rien d'autre à faire.
Il n'eut pas besoin de boire, de manger ou d'aller travailler. Il n'eut pas besoin non plus d'attendre d'avoir sommeil, car, judicieusement, l'Auteur s'endormait déjà et ne pensait plus qu'à une seule chose : dormir.
L'Auteur se coucha donc, car c'était ce qu'il avait envie de faire.
Et d'ailleurs, puisque cela n'avait aucune importance, l'Auteur dormait dans une plante verte, car il avait la profonde conviction que les enfants naissaient dans les choux et que l'on dormait mieux en étant près de la nature.
C'est pourquoi il avait utilisé un engrais spécial pour faire pousser un épi de maïs en forme de lit. Il s'en servait cependant comme lampe, préférant utiliser sa plante verte comme d'un lit.
Cependant, la voix de personnage ne cessait de résonner dans sa tête, de même que celle de Jeune-Femme.
Ils n'arrêtaient pas de lui demander quand naîtrait leur enfant.
Ils l'énervèrent ainsi toute la nuit, ne cessant de le triturer de toutes sortes de questions sur l'apparence de leurs meubles ou sur leur religion.
Il passa ainsi une nuit blanche à répondre aux questions de ses personnages.
Il restait très poli, car il savait que les personnages de ``Livre, par l'Auteur``, feraient de lui l'Auteur-Renommé, que tous envieraient.
Seulement, après huit semaines passées à raconter la vie de Personnage durant le jour et de répondre aux questions de ce cher Personnage durant la nuit, l'Auteur finit par manquer de sommeil.
Heureusement pour lui, cependant, il avait suivit un rigoureux entraînement à l'école militaire, et donc, il savait comment lutter contre le sommeil...à grands coups d'oreiller sur des calendriers, comme tous le savent.
Après huit semaines, il finit par écrire ces lignes...
``Vieille-Femme et Homme-Dans-La-Quarantaine, le fils de Personnage, se rendirent un jour au supermarché. Ils tentèrent de se nourrir d'une boîte de conserve qui n'était pas encore ouverte, se coupèrent avec le rebord de métal et moururent au bout d'une heure, dans la section des surgelés.
Seul au monde, Personnage hurla sa peine et sa douleur à qui voulait bien l'entendre.
Ce fut la dernière ligne que l'Auteur inscrivit dans le Livre, car, dès lors, le cahier était plein.
L'Auteur décida donc de ne plus écrire et d'attendre avant de corriger son texte.
Cependant, Personnage ne l'entendait pas de cette oreille.
Il hurla et pleura toute les nuits, et tous les jours. Il demanda pitié, pour qu'au moins l'Auteur écrive qu'il n'avait plus de peine, pour qu'au moins l'Auteur crée un Nouveau-Personnage auquel Personnage aurait pu se confier...
Mais l'Auteur, voyant bien que cela ne finirait jamais, décida de supprimer Personnage...définitivement.
Il prit le Livre, qui était en réalité un cahier, et s'avança vers le feu de foyer qui venait judicieusement d'apparaître juste devant lui. Sans autre cérémonie, il balança le cahier dans le feu.
Satisfait, l'auteur s'en fut se coucher...
Seulement, il eut un doute... ``Et si les personnages se trouvaient dans ma tête, et pas dans les pages de mon ``Livre, écrit par l'Auteur``
Il entendit alors Personnage.
-Tu sais, l'Auteur, je suis dans ta tête, mon vieux, et pas sur le papier. Les personnages des auteurs ne naissent pas sur le papier, ils naissent dans la tête et dans le c½ur des auteurs. Et lorsqu'on naît à quelque part, on y reste, même si on se rend ailleurs.
-Et tu sais pourquoi je suis là ? Parce que tu as douté. Tu prétendais vouloir ma fin, mais, au fond, il n'en était rien. Tu te plains, mais, comme beaucoup, tu n'as pas la volonté nécessaire pour faire en sorte de régler ton problème. Et tu sais pourquoi je te dis ça ? Car tu es mon auteur, et que c'est ce que tu veux que je te dise, même si tu ne le sait pas.
L'Auteur, choqué de ces paroles, pris un morceau de parchemin qui se trouvait là sans raison et le stylo que lui tendait un jeune moine tibétain pour écrire l'épilogue de Personnage.
``Personnage mourut heureux, remarié, avec de nombreux enfants. Il a été terrassé par un ninja qu'il avait bousculé lorsqu'il ne trouvait à la piscine. Le ninja l'a pris par surprise et lui a maintint la tête sous l'eau quelques secondes, pour rire. Seulement, Personnage n'avait pas eu le temps de prendre de respiration avant de plonger, alors il mourut.``
Rendant le parchemin au jeune moine, l'Auteur se recoucha et dormit. La voix de Personnage ne l'empêcherait plus jamais de dormir.
L'Auteur repensa au `` Livre, écrit par l'Auteur``...et se dit que Personnage avait peut-être seulement fait semblant de ne pas prendre de respiration avant d'être immergé et de mourir...
Alors peut-être n'était-il pas mort ? Peut-être même avait-il rajeuni de plusieurs années grâce à un élixir de jouvence ?
-Salut, vieux frère...alors, tu t'ennuis de moi, l'Auteur, tu t'ennuis du vieux Personnage ?
Comme quoi un auteur (Même celui de ce texte) peut raconter n'importe quoi, tant qu'il peut assembler des lettres ensemble et prononcer ``je suis au auteur`` sans être foudroyé sur place.